Château de Veretz Château de Veretz Château de Veretz Château de Veretz Château de Veretz Château de Veretz
Veretz Ancien

L’Antiquité

Dès les temps les plus reculés, les côteaux du Cher ont attiré l’homme : des camps gaulois et romains s’y installent. A Véretz, ces derniers construisent un castrum en terre, défrichent le plateau et créent un aqueduc encore visible (à l’entrée du potager).

 

Le Moyen Age

Le premier Seigneur connu des terres de Véretz a pour nom Josselin (1190). A cette époque, la Seigneurie dépend de l’Evêché de Tours. Le domaine passe ensuite à la famille Coron (13ème siècle), puis, en 1320 à Guillaume Trousseau dont le fils, Pierre Trousseau, fut chambellan de Philippe VI de Valois

 

La Guerre de Cent Ans

Un château fort défendait le passage du Cher. Sa position était excellente et tenta vite les Anglais envahisseurs qui s’en emparèrent et s’y fortifièrent en vue d’une occupation prolongée, qui prit fin au traité de Brétigny en 1360.

En 1361, le château est démantelé. Au plus fort de la guerre de Cent Ans, le Seigneur de Véretz, Pierre d’Avoir, est déjà un puissant personnage dont le nom se trouve associé à ceux de Du Guesclin, Pierre de Chevreuse, etc.

En 1407, Véretz, appartient à Jean de L’Isle, qui trouvera la mort à Azincourt en 1415.

Mais en 1424, la Touraine est à nouveau occupée et le nouveau Seigneur de Véretz, Hugues de Châlons, Comte de Tonnerre, meurt lui aussi au combat. Sa veuve épouse Georges de la Trémoille qui fut lieutenant général des Armées et mourut en 1481 sans descendance.

A cette époque, l’ « hostel noble » de Véretz présente l’aspect d’une maison un peu ruinée.

Les La Trémoille n’y habitent pas, lui préférant le château de Thouars.

 

La Renaissance

C’est à la famille de la Barre qu’est réservée l’initiative et le mérite de redonner de l’éclat au castel de Véretz. Jean de la Barre en hérite vers l’an 1500. Il sert Louis XI et Charles VIII ;

Il fut prévôt de Paris et lieutenant général de l’Ile de France, puis premier chambellan de

François Ier. Il résolut de construire à Véretz une demeure digne de sa haute situation et il y réussit pleinement. Jean de la Barre suit François Ier dans sa captivité à Madrid et tient une correspondance suivie avec la reine. Il meurt à Paris en 1534. Véretz reste à ses descendants jusqu’en 1595 , date à laquelle le domaine est acquis par une vieille famille de Touraine, les Forget. Pierre Forget continua les constructions et acheta un grand nombre de terres nouvelles.

 

L’Edit de Nantes

L’Edit de Nantes pourrait s’appeler la « Paix de Véretz », car le Seigneur de Véretz,

Pierre Forget, est le conseiller catholique du Roi Henri IV en l’occasion.

L’Edit de Nantes fut signé dit-on sous son toit. La première cloche de l’église est baptisée à cette époque. A la mort de Pierre Forget, Véretz passe dans l’indivision puis entre dans le patrimoine des Bouthillier de Rancé en 1637, famille proche du Cardinal de Richelieu.

 

L’Abbé de Rancé

L’Abbé de Rancé passe une partie de sa jeunesse à Véretz et en hérite avec son frère à la mort de Monsieur de Rancé en 1653. Peu soucieux des obligations de sa vocation religieuse, il y mène une vie mondaine et fastueuse. A la suite de la mort de la Duchesse de Montbazon à laquelle il était très attaché, il quitte les plaisirs de la chasse et des salons pour se retirer à la Trappe en 1661 en qualité d’abbé. Avant de quitter ses domaines, il les avait vendus à l’Abbé d’Effiat et au Duc de Mazarin. Avant sa mort (1698), l’Abbé d’Effiat reçut d’illustres visiteurs à Véretz, notamment La Rochefoucauld et Madame de Sévigné.

 

Le Duc et la Duchesse de Mazarin

Le Duc de Mazarin, Armand-Charles, grand maître de l’artillerie, gouverneur de Bretagne, d’Alsace etc, propriétaire unique de Véretz, épouse en 1661 Hortense Mancini, une des nièces préférée du Cardinal Ministre, décédé quelques jours après. En fait, celle –ci vit peu à Véretz, s’étant fixée assez tôt à l’étranger. Le Duc, en revanche, y fait de nombreux séjours et des travaux. Il meurt en 1713 à la Meilleraye.

 

Les Ducs d’Aiguillon

Par mariages successifs, la terre de Véretz échoit au Marquis Armand-Louis de Richelieu,

qui, après son éclatant mariage avec Anne de Crussol en 1718, obtient du Roi le titre de Duc d’Aiguillon.

Parmi les hôtes illustres de Véretz à cette époque, il faut citer : la Princesse Louise-Elisabeth de Bourbon-Conti, grande amie du Duc et du père du Cerceau, précepteur du jeune Prince de Conti. La seconde cloche de l’église de Véretz a pour marraine la Princesse de Conti.

De 1736 à 1780, de très nombreux travaux et aménagements, tant intérieurs qu’extérieurs, sont effectués par le Duc d’Aiguillon et par son fils le Duc Emmanuel d’Aiguillon, Lieutenant Général de Bretagne, puis Ministre des Affaires Etrangères du Roi Louis XV.

On fait appel aux meilleurs artistes de l’époque (le grand peintre religieux, Jouvenet, de Rouen, notamment) et le paysagiste Blarenberghe. Tracé définitif du parc, des labyrinthes, des terrasses, creusements des deux bassins dans la forêt, percement des allées de la forêt : tous ces travaux aboutissent au château de Véretz, deuxième manière, tel qu’il apparaît sur les gouaches du peintre Blarenberghe.

 

 De la Révolution à nos jours

Veretz Ancien

Le Duc d’Aiguillon émigre. La Duchesse tente de vendre une partie du mobilier…

 Sous la Convention, les communs servent d’abord de casernement à la troupe, puis il est procédé à l’aliénation pure et simple du domaine. Acquis pour presque rien par quelques citoyens de Tours, Véretz est détruit et dépecé malgré l’héroïque protestation d’un certain

Huet de Tours. En 1819, Paul-Louis Courier, qui avait fait de Véretz son pays d’adoption, écrit :  « adieu bosquets, parterres, gazons, allées, château, chapelle, donjon, tout s’en va, tout s’abîme ! »

En 1836, le Comte de Richemont, rachète la plus grande partie du domaine et fait reconstruire un château sur l’emplacement de l’ancien, mais un peu en arrière- plan, en aménageant une

Esplanade sur le devant et en conservant la tour sud-est. C’est la château troisième manière, château actuel sauf quelques agrandissements intervenus depuis (réalisés par Georges Drake del Castillo).

En 1878, Madame Drake del Castillo, rachète Véretz au Comte de Richemont et reconstitue le domaine par l’acquisition des communs et du potager, distraits naguère au profit d’un sieur Doudon.

Par héritage, le château de Véretz passe aux familles Lenglart et de Maintenant.

Madame de Sévigné, hôte du château de Véretz

Madame de Sévigné a couché au château de Véretz (qu’elle écrit Véret) dans la nuit du 13 et 14 septembre 1675. Elle était invitée par le propriétaire, l’Abbé d’Effiat (frère de Saint Marc) exilé en Touraine ainsi qu Vineuil D’Olonne et Vassé, pour avoir parlé au Roi avec trop de liberté. Elle se rendait de Paris à son château des Rochers en Bretagne et avait descendu La Loire en bateau depuis Orléans. Voici ce qu’elle écrit à Madame de Grignan dans une lettre du samedi 14 septembre 1675 : « J’ai couché à Véretz cette nuit. M. d’Effiat savait ma marche, il me vint prendre sur le bord de l’eau. Sa maison passe tout ce que vous avez jamais vu de beau, d’agréable de magnifique, c’est pays plus charmant qu’autre qui soit sur la terre habitable ……Je n’en finirais point…. »

Historique